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Première pension pour mon chien ou mon chat : comment bien préparer son séjour ?

Photo du rédacteur: Anne-Laure Bougé
Anne-Laure Bougé
16 juin 2025
15 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Première pension pour mon chien ou mon chat : comment bien préparer son séjour ?

Confier son animal à une pension ne consiste pas seulement à le laisser quelques jours à une autre personne. Pour lui, cela signifie découvrir un environnement, des odeurs, des habitudes et parfois des congénères inconnus. Comment préparer ce changement pour lui donner les meilleures chances de bien s'adapter ?


Crédits photo : Geoff Olive

Pour partir en vacances, assister à un événement ou faire face à une absence imprévue, il arrive que nous devions confier notre chien ou notre chat à une pension. Nous pensons alors à préparer ses affaires, vérifier ses vaccinations et transmettre ses habitudes alimentaires. Pourtant, une question mérite autant d'attention : comment l'animal va-t-il vivre ce changement d'environnement ?

Certains chiens explorent rapidement un lieu inconnu et semblent y prendre leurs marques sans difficulté particulière. D'autres ont besoin de temps avant de retrouver leurs habitudes de repos ou de s'alimenter normalement. Chez les chats, le transport et l'installation dans un territoire inconnu peuvent constituer des difficultés supplémentaires, en particulier lorsque l'animal est peu habitué à quitter son domicile.

Aucune préparation ne peut garantir un séjour sans stress. Les recherches sur l'hébergement des animaux montrent néanmoins que les conditions d'accueil, les expériences antérieures et la possibilité de se familiariser progressivement avec un environnement peuvent influencer leur adaptation.


1. La pension est-elle vraiment adaptée à votre animal ?

Avant de choisir un établissement, une première question mérite d'être posée : la pension constitue-t-elle la meilleure solution pour cet animal particulier ?

Un chien habitué à découvrir de nouveaux lieux, à rencontrer des personnes inconnues et à évoluer dans différents environnements pourra parfois s'adapter assez facilement. Pour un animal sensible au bruit, inquiet en présence de congénères ou présentant des problèmes de santé, le choix de la structure demandera davantage de précautions.

Il ne suffit donc pas qu'une pension soit réputée agréable ou bien équipée. Encore faut-il que ses conditions d'accueil correspondent aux besoins de l'animal qui y séjournera.

Chez le chat, la réflexion commence parfois plus tôt : faut-il réellement le déplacer ? Beaucoup de chats sont sensibles aux changements de territoire et à la modification de leurs repères habituels. Une garde à domicile peut alors constituer une alternative intéressante, puisqu'elle permet de conserver les lieux de repos, les cachettes, les odeurs et les ressources auxquels l'animal est habitué. Cette solution suppose toutefois des visites suffisamment fréquentes et adaptées à ses besoins.

À l'inverse, une pension féline bien organisée peut offrir une présence humaine et une surveillance plus régulières, notamment lorsqu'un chat a besoin de soins ou lorsque les visites à domicile ne permettraient pas de répondre correctement à ses besoins.

Il n'existe donc pas de formule universellement préférable. L'âge, la santé, les expériences antérieures, le comportement individuel et la qualité des prestations disponibles doivent guider la décision. Les recherches réalisées en refuge ou en milieu vétérinaire fournissent des indications utiles sur les besoins des chats, mais elles ne permettent pas, à elles seules, de comparer directement les effets d'une pension féline et d'une garde à domicile.


2. Choisir une pension : regarder au-delà des photographies

De grands espaces, un jardin verdoyant ou des chambres joliment aménagées donnent souvent une première impression favorable. Mais ces éléments ne renseignent pas nécessairement sur la manière dont l'établissement répond aux besoins des animaux.

Pour un chien, l'organisation quotidienne compte autant que l'apparence des lieux. Où dort-il la nuit ? Est-il hébergé seul ou avec d'autres chiens ? Peut-il s'isoler des interactions lorsqu'il en ressent le besoin ? Les espaces de repos sont-ils suffisamment calmes ? Comment les sorties, les repas et les activités sont-ils organisés ?

Lorsqu'une pension propose des activités collectives, la constitution des groupes mérite une attention particulière. Des chiens de taille comparable ne sont pas nécessairement compatibles. Leurs habitudes sociales, leurs réactions face aux congénères et leur capacité à se retirer des interactions sont tout aussi importantes. Un chien n'a pas besoin de jouer avec tous les autres pensionnaires pour passer un séjour satisfaisant.

Pour les chats, les priorités sont différentes. Un hébergement individuel correctement aménagé, des cachettes accessibles, des possibilités de se placer en hauteur et des espaces de repos tranquilles peuvent contribuer à limiter les difficultés liées à l'arrivée dans un territoire inconnu. L'organisation des locaux doit également éviter autant que possible les stimulations visuelles, sonores et olfactives susceptibles de provoquer des réactions de peur.

Dans les deux cas, le fonctionnement de l'équipe est essentiel. Comment le personnel observe-t-il les animaux ? Comment réagit-il lorsqu'un pensionnaire reste prostré, refuse de manger ou manifeste une agitation persistante ? Quelles dispositions sont prévues en cas de maladie ou de blessure ?

Une visite préalable, lorsqu'elle est possible, permet de dépasser les photographies et les descriptions commerciales. Elle donne l'occasion d'observer les installations, de poser des questions sur l'organisation quotidienne et de vérifier si l'établissement paraît en mesure de répondre aux besoins particuliers de votre compagnon.


3. Pourquoi anticiper le changement d'environnement ?

Lorsqu'on prépare un séjour en pension, la séparation d'avec le propriétaire retient naturellement l'attention. Pourtant, elle ne représente qu'une partie du changement vécu par l'animal.

Un chien qui quitte son foyer peut découvrir simultanément un nouvel espace de repos, des bruits inhabituels, des odeurs inconnues, d'autres personnes et des routines différentes. Ces changements peuvent s'accumuler et rendre l'adaptation plus difficile, même pour un animal qui supporte habituellement les absences de son propriétaire.

Une étude menée en 2007 par Rooney, Gaines et Bradshaw permet de mieux comprendre l'intérêt d'une familiarisation préalable. Les chercheurs ont suivi 31 jeunes Labradors mâles transférés de leur environnement habituel vers un établissement de formation comprenant des chenils. Certains chiens avaient été préalablement habitués à ces conditions d'hébergement, contrairement aux autres.

Après leur transfert, tous les chiens ont présenté une augmentation du rapport cortisol/créatinine urinaire, un indicateur de l'activité physiologique notamment associée à la réponse au stress. Toutefois, cette augmentation était plus importante chez les chiens qui n'avaient pas bénéficié d'une habituation préalable.

Ces observations suggèrent qu'une familiarisation peut atténuer certaines réponses physiologiques lors d'un changement d'hébergement. Elles ne signifient pas qu'une visite ou une nuit d'essai suffirait à éviter le stress dans une pension commerciale : les conditions de cette expérience étaient différentes et les réactions individuelles restaient variables.

L'étude fournit néanmoins une raison supplémentaire de ne pas attendre systématiquement le jour du départ pour confronter un chien à un lieu entièrement inconnu.


4. Préparer son chien progressivement, sans précipiter les étapes

Si vous avez la possibilité d'anticiper le séjour, mieux vaut commencer la préparation suffisamment tôt pour pouvoir l'adapter aux réactions de votre chien. Certains individus pourront se familiariser avec un établissement en quelques visites, tandis que d'autres auront besoin de davantage de temps. Il n'existe pas de calendrier applicable à tous.

La première étape peut simplement consister à découvrir les lieux. Si la pension le permet, une visite calme, sans multiplication des rencontres ni des stimulations, donne au chien l'occasion d'explorer un nouvel environnement tout en restant accompagné d'une personne familière.

L'objectif n'est pas de lui faire découvrir immédiatement tous les bâtiments, tous les pensionnaires et toutes les activités proposées. Une première expérience courte et relativement prévisible peut être plus utile qu'une visite prolongée au cours de laquelle l'animal accumule les difficultés.

Lorsque cette découverte se passe favorablement, il est parfois possible de prévoir un court accueil sans le propriétaire, puis d'en augmenter progressivement la durée. Pour un séjour de plusieurs nuits, une nuit d'essai peut également être envisagée.

Cette progression ne doit cependant pas devenir une succession d'étapes imposées. Certains chiens tolèrent bien une première nuit puis rencontrent des difficultés lors d'un séjour prolongé. D'autres peuvent être inquiets au début avant de s'adapter progressivement. La durée de l'exposition ne suffit donc pas à mesurer son intérêt.

Ce sont les réactions du chien qui doivent guider les décisions. Explore-t-il son environnement ? Parvient-il à se reposer ? Mange-t-il normalement ? Peut-il s'éloigner des interactions ? Son comportement évolue-t-il au fil du séjour ?

Des vocalisations répétées, une agitation persistante, des halètements sans lien évident avec la température ou l'activité, un retrait inhabituel ou une perte d'appétit peuvent signaler une difficulté d'adaptation. Aucun de ces comportements ne constitue toutefois, isolément, une mesure universelle du stress : leur interprétation doit tenir compte du contexte, des habitudes et de l'état de santé de l'animal.

Si votre chien présente déjà une détresse importante lors des séparations ou dans les lieux inconnus, mieux vaut rechercher un accompagnement adapté avant de programmer le séjour. Multiplier les expériences difficiles dans l'espoir qu'il finisse par s'habituer n'est pas nécessairement une stratégie appropriée.


5. Pour le chat, préserver des repères et permettre le retrait

Pour beaucoup de chats, la préparation d'un séjour commence avant même l'arrivée en pension : elle commence avec la caisse de transport.

Lorsqu'elle n'apparaît qu'au moment des visites vétérinaires ou des déplacements imposés, cette caisse peut devenir un signal annonçant une expérience désagréable. La laisser accessible dans le logement, y placer un couchage confortable et permettre au chat de l'explorer volontairement peut contribuer à en faire un objet plus familier.

Le transport mérite lui aussi d'être anticipé, particulièrement lorsque l'animal manifeste une peur importante ou souffre du mal des transports. Une fois arrivé à destination, un autre défi commence : prendre ses repères dans un territoire qu'il ne connaît pas.

Chez le chat, la possibilité de se cacher est particulièrement importante. Ce comportement ne doit pas être interprété systématiquement comme un problème à corriger : se retirer peut être une manière de limiter son exposition à des stimulations nouvelles.



Une expérience : les cachettes facilitent-elles l'adaptation des chats ?

En 2014, Vinke, Godijn et van der Leij ont étudié l'effet de la mise à disposition d'une cachette chez des chats nouvellement arrivés en refuge. Les résultats indiquaient que les chats bénéficiant d'une cachette présentaient une diminution plus rapide de leurs scores de stress comportemental.

Une étude randomisée publiée en 2019 par van der Leij et ses collègues a prolongé cette question auprès de 23 chats accueillis en refuge. Douze disposaient d'une cachette, tandis que onze n'en avaient pas.

Les chercheurs ont observé que les chats bénéficiant d'une cachette atteignaient un niveau stabilisé de stress comportemental environ sept jours plus tôt que ceux du groupe témoin.

En revanche, presque tous les chats perdaient du poids pendant les premiers jours, sans différence statistiquement significative entre les groupes.

Ce second résultat est important : une amélioration des comportements observés ne signifie pas nécessairement que tous les indicateurs de santé ou de bien-être évoluent favorablement.

Ces études ont été réalisées en refuge, et non dans des pensions félines commerciales. Elles ne permettent donc pas de quantifier directement l'effet d'une cachette dans ce contexte particulier. Elles soutiennent néanmoins l'intérêt de donner aux chats la possibilité de se soustraire aux stimulations et de contrôler davantage leur exposition à l'environnement.

En pratique, renseignez-vous sur l'aménagement de l'espace individuel : le chat dispose-t-il d'une cachette, de possibilités de se placer en hauteur, d'un couchage adapté et d'un endroit suffisamment tranquille pour se reposer ?

Les ressources doivent également être disposées de manière à rester accessibles sans obliger l'animal à s'exposer inutilement. L'emplacement de l'eau, des aliments, du couchage et de la litière mérite donc autant d'attention que leur simple présence.

Si la pension l'accepte, certains objets portant les odeurs habituelles du foyer peuvent être apportés. Leur efficacité pour diminuer le stress n'est pas garantie, mais ils peuvent contribuer à préserver des repères familiers.

Enfin, un chat qui reste caché pendant une partie de son séjour n'est pas nécessairement en détresse grave. En revanche, il faut vérifier qu'il s'alimente, boit, élimine normalement et conserve un état général satisfaisant. La possibilité de se cacher ne doit pas empêcher une surveillance attentive.


6. Préparer les aspects sanitaires et administratifs

La préparation ne concerne pas seulement le comportement de l'animal. Les formalités administratives, les exigences sanitaires et l'organisation des soins éventuels doivent être anticipées, idéalement avant de confirmer la réservation.


Quelles garanties réglementaires demander à une pension ?

En France, les pensions commerciales pour chiens et chats sont soumises à des obligations sanitaires, administratives et de protection animale. L'arrêté du 19 juin 2025, dans sa version applicable, encadre notamment les conditions d'hébergement, le suivi des animaux et les engagements du professionnel.

Un contrat écrit doit être établi pour chaque garde. Il est signé par les deux parties, qui en conservent chacune un exemplaire. Ce document doit notamment identifier la pension, le propriétaire et l'animal, préciser les dates du séjour et mentionner une personne à contacter si le propriétaire est injoignable.

Pour une garde avec hébergement, le contrat doit également préciser si l'animal sera accueilli seul ou en groupe, les modalités d'alimentation convenues et les dispositions relatives au recours à un vétérinaire désigné conjointement en cas de nécessité.

L'établissement doit pouvoir présenter aux services de contrôle les documents réglementaires nécessaires, notamment ceux concernant l'identification de l'animal et, selon les situations, son passeport ou les ordonnances relatives aux traitements.

Les installations sont elles aussi soumises à des exigences concernant l'espace disponible, l'hygiène et la sécurité. Pour les chiens, la réglementation prévoit notamment des surfaces minimales d'hébergement dépendant de leur taille, ainsi que des dispositions relatives à l'accès à une courette extérieure.

Ces règles constituent un cadre nécessaire, mais elles ne suffisent pas à apprécier la qualité réelle d'un accueil. Il reste important de demander comment les repas, les sorties, le repos et la surveillance sont organisés, ainsi que les solutions proposées aux animaux qui présentent des difficultés d'adaptation.

Avant de réserver, prenez donc le temps de consulter les conditions de garde et, lorsque cela est possible, de visiter les installations. L'établissement devrait pouvoir expliquer comment il répond aux besoins particuliers de votre animal, au-delà de sa seule conformité réglementaire.


Vaccinations : des exigences à vérifier suffisamment tôt

Les conditions sanitaires d'admission varient selon l'espèce, les caractéristiques des animaux accueillis et les règles de l'établissement. Il est préférable de les connaître plusieurs semaines avant le séjour, afin de disposer du temps nécessaire pour prendre rendez-vous avec son vétérinaire si besoin.

Chez le chien, la vaccination contre la toux de chenil est fréquemment exigée par les pensions. Cette affection, également appelée complexe respiratoire infectieux canin, peut être provoquée par plusieurs agents infectieux, dont Bordetella bronchiseptica et le virus parainfluenza canin.

Le regroupement de chiens facilite la circulation de certains agents respiratoires. Les recommandations internationales de la WSAVA (2024) soulignent donc l'intérêt des vaccinations adaptées à ce risque d'exposition.

Il faut toutefois garder à l'esprit que la vaccination ne protège pas contre tous les agents du complexe respiratoire infectieux canin et ne supprime pas entièrement le risque de transmission. Les délais nécessaires à la mise en place de la protection dépendent également du vaccin utilisé, de sa voie d'administration et des antécédents vaccinaux du chien. Ces éléments doivent être anticipés avec le vétérinaire.

Pour les chats, les pensions peuvent notamment demander que les vaccinations contre le typhus et les principaux agents du coryza soient à jour.

La vaccination contre la rage, quant à elle, n'est pas systématiquement obligatoire pour tous les chiens et chats séjournant en pension en France. Des obligations particulières peuvent toutefois s'appliquer selon la situation de l'animal, notamment en cas de déplacement international ou pour certains chiens soumis à une réglementation spécifique.

Les mesures antiparasitaires doivent également être adaptées aux risques réels et aux recommandations vétérinaires. Administrer automatiquement un traitement supplémentaire avant chaque séjour n'est pas nécessairement justifié.


Anticiper les soins et les imprévus

Si votre animal présente une maladie chronique, suit un traitement ou a besoin de soins particuliers, l'établissement doit disposer d'informations suffisamment précises pour organiser sa prise en charge.

Transmettez les coordonnées de votre vétérinaire, les documents médicaux utiles et les ordonnances nécessaires. Vérifiez également que le personnel peut administrer les traitements prescrits et qu'il connaît les éventuelles difficultés de manipulation de votre animal.

Les modalités de contact et de décision en cas d'urgence doivent être convenues avant le départ. Il est notamment important de savoir quel vétérinaire pourra intervenir, comment le propriétaire sera joint et comment seront gérés les frais éventuels.


7. Que faut-il prévoir dans les affaires de son animal ?

Une fois les démarches sanitaires et administratives effectuées, reste à préparer ce qui permettra à l'équipe de respecter les habitudes importantes de votre compagnon.

L'alimentation mérite une attention particulière. Un changement brusque de nourriture peut provoquer des troubles digestifs chez certains animaux, surtout lorsqu'il intervient en même temps qu'un changement d'environnement. Il est donc généralement préférable de fournir l'aliment habituel ou de prévoir suffisamment tôt une éventuelle transition avec la pension.

Les quantités, les horaires, les régimes particuliers et les modalités de conservation doivent être précisés. C'est notamment important lorsque l'alimentation doit rester réfrigérée ou congelée.

Les habitudes de repos sont tout aussi utiles à transmettre. Votre chien préfère-t-il dormir à l'écart de l'agitation ? Votre chat recherche-t-il un espace couvert ? Certains bruits, certaines approches ou certaines manipulations provoquent-ils des réactions de peur ?

Les objets, activités et récompenses appréciés peuvent également aider l'équipe à mieux connaître l'animal, à condition que leur utilisation soit compatible avec les règles de la structure et la sécurité des pensionnaires.

Pour les animaux qui nécessitent des soins, les informations comportementales sont particulièrement précieuses. Savoir qu'un chien redoute qu'on lui touche les pattes ou qu'un chat tolère mal la contention permet au personnel d'anticiper les difficultés et, dans la mesure de ses compétences et des contraintes de sécurité, d'adapter son intervention.

Un document écrit facilite cette transmission et limite le risque que certaines informations importantes soient oubliées au moment de l'admission.


8. Le jour du départ et pendant le séjour : privilégier l'observation

Le jour du départ, il n'est pas nécessaire de bouleverser les habitudes de l'animal. Une promenade habituelle peut être bénéfique à un chien qui l'apprécie. Pour un chat, mieux vaut prévoir suffisamment de temps pour l'installation dans la caisse de transport, afin d'éviter une poursuite ou une capture précipitée.

La séparation elle-même ne nécessite ni cérémonie particulière ni dissimulation systématique du départ du propriétaire. L'idée selon laquelle manifester de l'affection au moment de partir rendrait automatiquement un animal plus anxieux n'est pas établie comme règle générale. Ce qui importe surtout, c'est de limiter les situations qui augmentent manifestement sa détresse.

Pendant le séjour, les nouvelles transmises par la pension sont d'autant plus utiles qu'elles décrivent des observations concrètes. Une photographie montrant un chien dans un jardin ou un chat installé sur une couverture ne permet pas, à elle seule, de connaître son état.

Il est souvent plus instructif de savoir si l'animal mange, dort, explore son environnement, accepte les interactions avec le personnel et semble progressivement prendre ses repères.

Si un chien présente une agitation persistante ou si un chat cesse de s'alimenter, l'établissement doit disposer de consignes claires pour réagir et solliciter rapidement un avis vétérinaire lorsque la situation le justifie.


Les phéromones peuvent-elles faciliter le séjour ?

Les phéromones synthétiques sont parfois proposées pour accompagner les animaux dans des situations nouvelles ou potentiellement stressantes. Leur efficacité dépend toutefois des produits, des espèces et des contextes étudiés.

Une synthèse publiée en 2021 par Wong et Govendir a examiné huit essais contrôlés consacrés aux phéromones apaisantes chez le chien. Les auteurs concluent que les preuves disponibles restent faibles. Certains résultats sont encourageants dans des situations particulières, mais ils ne permettent pas de garantir un bénéfice individuel.

Cette revue concerne les chiens et ne permet pas de conclure directement à l'efficacité des produits destinés aux chats.

Les phéromones peuvent éventuellement être envisagées comme une aide complémentaire. Elles ne remplacent ni des conditions d'accueil adaptées ni une prise en charge vétérinaire ou comportementale lorsqu'un animal manifeste une détresse importante.


9. Et au retour à la maison ?

Le retour au domicile constitue lui aussi un changement d'environnement, même si l'animal retrouve un lieu familier.

Certains chiens et chats reprennent immédiatement leurs habitudes. D'autres peuvent paraître plus fatigués, rechercher davantage de contacts ou se montrer temporairement moins intéressés par certaines activités.

Ces réactions ne permettent pas, à elles seules, de conclure que le séjour a été positif ou négatif. Mieux vaut laisser à l'animal la possibilité de retrouver ses routines, de se reposer et de reprendre progressivement ses activités habituelles.

En revanche, une perte d'appétit persistante, des troubles digestifs, une toux, une douleur ou une modification comportementale importante justifient de demander conseil au vétérinaire.

Un échange avec l'équipe de la pension peut également être utile, même lorsque le séjour semble s'être bien déroulé. Les observations recueillies permettront de mieux connaître la manière dont votre animal réagit à ce type d'accueil et, si nécessaire, de préparer différemment un prochain séjour.


Conclusion — Préparer un séjour, c'est préparer une adaptation

Confier son chien ou son chat à une pension ne signifie pas nécessairement lui offrir une expérience agréable, pas plus que cela ne l'expose inévitablement à une détresse importante. Tout dépend des caractéristiques individuelles de l'animal, des conditions d'accueil et de la manière dont le séjour est préparé.

Les recherches sur l'habituation des chiens à un nouvel hébergement et sur les possibilités de retrait offertes aux chats montrent que certains aménagements peuvent atténuer des réponses associées au stress. Elles ne garantissent pas une adaptation parfaite, mais donnent des pistes pour mieux anticiper les difficultés.

Familiariser progressivement un animal lorsque cela est possible, préserver certains repères, proposer des espaces de repos adaptés et observer attentivement ses réactions sont autant de moyens de rendre cette transition moins difficile.

Une bonne préparation ne consiste donc pas à apprendre à son animal à supporter coûte que coûte la pension. Elle consiste d'abord à choisir des conditions d'accueil adaptées, puis à lui permettre de s'y familiariser dans la mesure de ses capacités.


Pour aller plus loin

Votre animal part bientôt en pension ?

Pour faciliter son accueil et aider l'équipe à respecter ses besoins, nous avons préparé une fiche pratique gratuite à compléter avant le séjour.

Alimentation, santé, habitudes, préférences, signes d'inconfort, manipulations à éviter et consignes en cas d'urgence : elle permet de transmettre les informations essentielles pour une prise en charge adaptée à votre chien ou à votre chat.





Bibliographie

Adaptation des chiens à un nouvel hébergement

Rooney N. J., Gaines S. A., Bradshaw J. W. S. (2007). Behavioural and glucocorticoid responses of dogs (Canis familiaris) to kennelling: Investigating mitigation of stress by prior habituation. Physiology & Behavior, 92(5), 847–854. DOI : 10.1016/j.physbeh.2007.06.011.

Cachettes et adaptation des chats

Vinke C. M., Godijn L. M., van der Leij W. J. R. (2014). Will a hiding box provide stress reduction for shelter cats? Applied Animal Behaviour Science, 160, 86–93. DOI : 10.1016/j.applanim.2014.09.002.

van der Leij W. J. R., Selman L. D. A. M., Vernooij J. C. M., Vinke C. M. (2019). The effect of a hiding box on stress levels and body weight in Dutch shelter cats; a randomized controlled trial. PLOS ONE, 14(10), e0223492. DOI : 10.1371/journal.pone.0223492.

Recommandations pour les chats

Taylor S., St Denis K., Collins S., Dowgray N., Ellis S. L. H., Heath S., Rodan I., Ryan L. (2022). 2022 ISFM/AAFP Cat Friendly Veterinary Environment Guidelines. Journal of Feline Medicine and Surgery, 24(11), 1133–1163. DOI : 10.1177/1098612X221128763.

Phéromones et gestion du stress

Wong C. F., Govendir M. (2021). Can dog appeasing pheromone ameliorate stress behaviours associated with anxiety in mature domestic dogs? Veterinary Evidence, 6(4). DOI : 10.18849/ve.v6i4.421.

Recommandations vaccinales

WSAVA Vaccination Guidelines Group (2024). 2024 guidelines for the vaccination of dogs and cats. Journal of Small Animal Practice. DOI : 10.1111/jsap.13718.

Réglementation française

République française (2025). Arrêté du 19 juin 2025 fixant les règles sanitaires et de protection animale auxquelles doivent satisfaire les activités liées aux animaux de compagnie d'espèces domestiques, modifié par l'arrêté du 6 novembre 2025. Journal officiel de la République française. Texte consolidé sur Légifrance.




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