top of page

Comment lire une étiquette d'aliment pour chien ?

La méthode en 7 étapes pour décrypter les croquettes, pâtées et aliments frais, sans se laisser guider uniquement par les arguments marketing

.

Vous avez déjà comparé deux sacs de croquettes en vous demandant lequel était réellement le meilleur ? L'un affiche 70 % de viande fraîche, l'autre 30 % de protéines déshydratées. Un troisième promet une recette naturelle, sans céréales et sans conservateurs artificiels. Lequel choisir ?

La réponse n'est pas nécessairement celui qui présente la liste d'ingrédients la plus séduisante. Une étiquette fournit des informations utiles, mais elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer la qualité nutritionnelle de l'aliment.

Voici comment l'examiner méthodiquement.

 

1. Vérifier que l'aliment correspond aux besoins du chien

 

Cherchez d'abord la mention « aliment complet » ou « aliment complémentaire ».

Un aliment complet est conçu pour constituer la ration quotidienne du chien auquel il est destiné. Un aliment complémentaire doit être associé à d'autres aliments pour constituer une ration équilibrée.

Vérifiez ensuite le stade physiologique indiqué : chien adulte, chiot en croissance, gestation ou lactation. Un aliment complet pour chien adulte n'est pas automatiquement adapté à un chiot.

Enfin, tenez compte de la situation individuelle de votre chien : activité, condition corporelle, âge, stérilisation et éventuels problèmes de santé.

 

2. Ne pas se laisser impressionner par les premiers ingrédients

​

Les ingrédients sont généralement déclarés dans l'ordre décroissant de leur poids au moment de leur incorporation.

Mais attention : le poids de la viande fraîche comprend son eau. Une viande déshydratée est beaucoup plus concentrée en matière sèche. La position des ingrédients dans la liste ne permet donc pas de connaître directement la contribution de chacun aux protéines du produit fini.

Les mentions « viande fraîche », « protéines animales déshydratées » ou « sous-produits animaux » renseignent sur la nature ou le traitement des ingrédients, sans garantir à elles seules leur qualité.

Il faut également se méfier des formulations trop vagues et chercher, lorsque cela est possible, des précisions sur les espèces animales utilisées, les procédés et la traçabilité.

 

3. Lire la composition analytique

 

Cette rubrique indique notamment les protéines brutes, les matières grasses, la cellulose brute et les cendres brutes. L'humidité apparaît également lorsque son indication est obligatoire, et peut être obtenue auprès du fabricant dans les autres cas.

Les cendres brutes ne sont pas des cendres ajoutées à la recette : elles correspondent aux résidus minéraux mesurés par une méthode d'analyse.

La cellulose brute n'est pas non plus équivalente à la totalité des fibres alimentaires.

Ces chiffres permettent une première lecture, mais ils ne suffisent pas à connaître la qualité des protéines, leur digestibilité ou l'équilibre complet en vitamines et minéraux.

 

4. Comparer les aliments sur une base commune

 

Une pâtée contenant 9 % de protéines peut sembler beaucoup moins riche qu'une croquette en contenant 28 %. Pourtant, si la pâtée contient 75 % d'eau et les croquettes 10 %, leur comparaison change.

 

Exemple fictif :

​

Pour comparer les apports réellement reçus par le chien, il est encore plus utile de rapporter les nutriments à 1 000 kcal d'énergie métabolisable. Cette comparaison nécessite de connaître la valeur énergétique des aliments.

Un aliment contenant davantage de protéines n'est cependant pas automatiquement mieux équilibré. Il faut également prendre en compte les acides aminés essentiels, les matières grasses, les minéraux et les vitamines.

 

5. Comprendre la liste des additifs

 

Les additifs ne remplissent pas tous la même fonction.

Certains complètent la ration en vitamines ou oligo-éléments. D'autres ralentissent l'oxydation des matières grasses, participent à la conservation ou modifient l'odeur, le goût et l'apparence du produit.

La mention d'un additif vitaminique peut correspondre à la quantité ajoutée lors de la fabrication, et non à la quantité totale présente dans le produit fini. Il ne faut donc pas utiliser directement cette valeur comme une analyse nutritionnelle complète.

Si l'étiquette mentionne seulement « antioxydants », vous pouvez demander au fabricant quelles substances sont employées.

« Naturel » ne signifie pas automatiquement sans risque et « synthétique » ne signifie pas automatiquement dangereux. L'évaluation dépend des substances et des quantités utilisées.

 

6. Rechercher l'origine des matières premières

 

Un aliment « fabriqué en France » peut contenir des matières premières provenant de plusieurs pays.

La provenance peut être importante pour la traçabilité, les pratiques de production ou les préférences environnementales. Mais elle ne garantit pas, à elle seule, la qualité nutritionnelle.

Le fabricant peut être interrogé sur l'origine des principales matières premières animales, les éventuelles variations d'approvisionnement et les contrôles réalisés.

Il faut distinguer l'information commerciale concernant la provenance de preuves concrètes concernant la sécurité et la qualité des ingrédients.

 

7. Évaluer le fabricant, pas seulement l'emballage

 

Une étiquette ne peut pas contenir toutes les données nécessaires à l'évaluation d'un aliment.

 

Voici les questions les plus utiles à poser :

  • Qui formule les recettes et avec quelles qualifications en nutrition animale ?

  • Le fabricant peut-il fournir une analyse nutritionnelle détaillée du produit fini ?

  • Quelle est sa valeur énergétique en kcal/kg ?

  • Quels contrôles sont effectués sur les matières premières et sur les produits finis ?

  • Quels antioxydants ou conservateurs sont utilisés ?

  • D'où proviennent les principales matières premières animales ?

  • Existe-t-il des essais d'alimentation ou de digestibilité portant sur cette formulation ?

​

L'absence d'une réponse ne prouve pas automatiquement que l'aliment est mauvais. En revanche, la qualité et la précision des informations transmises constituent des éléments utiles pour apprécier la transparence du fabricant.

 

À retenir

 

Une bonne lecture d'étiquette consiste d'abord à vérifier que l'aliment est adapté à son chien, puis à comparer les valeurs nutritionnelles sur une base commune et, enfin, à examiner les garanties apportées par le fabricant.

Le plus bel emballage, la plus forte proportion de viande annoncée ou la plus longue liste de vitamines ne suffisent pas à démontrer qu'un aliment est meilleur.

L'objectif n'est pas de trouver une croquette parfaite à l'aide d'un classement universel, mais de disposer d'informations fiables pour effectuer un choix éclairé.

​

Pour approfondir : « De quoi les chiens ont-ils réellement besoin pour bien se nourrir ? » et « Croquettes, pâtées et rations ménagères : que contiennent réellement les aliments de nos chiens ? » — Harmonie & Compagnie.

bottom of page